Henri Ardouin a défendu la Nouvelle-France contre les Anglais

«Cinq pieds un pouce et six lignes, les cheveux et sourcils blonds, le visage ovale et joli, une cicatrice au front, les yeux bleus, le nez bien fait.»[1]

Voici la description physique de  Henri Ardouin (ancêtre côté Vaillancourt et côté Lapierre), telle qu’elle apparaît dans les documents de Contrôle des troupes dressés en France entre 1749 et 1755.

À titre de soldat du régiment de Béarn, 2e bataillon, compagnie de Montredon, notre ancêtre  faisait partie des troupes envoyées par le roi Louis XV en 1755 pour sauver les colonies françaises en Amérique.

Né vers 1729 à Nîmes,  fils de Pierre Ardouin et de Jeanne Rigaud, il s’engage le 12 février 1747, alors qu’il est âgé d’environ 18 ans.

Henri Ardouin dit Lajeunesse et dit Belhumeur. Ces surnoms lui ont été accordés au moment de son entrée dans l’armée. Ils sont obligatoires pour les simples soldats  depuis 1716 et ont valeur de numéro matricule. Le surnom peut être attribué par un supérieur ou par le soldat lui-même. Il change rarement sauf lorsqu’il y a transfert dans une autre compagnie quand un autre soldat porte le même surnom.[2]

Le régiment de Béarn

L’été suivant, le régiment de Béarn se signale en Italie  par sa bravoure à la Bataille de l’Assietta http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d’Assietta dans le Piedmont même si l’armée française y subit une cuisante défaite.

Pendant ce temps, en Amérique,  les possessions françaises de la vallée de l’Ohio et de  l’Acadie, sont de plus en plus menacées par l’Angleterre. Pour soutenir ses colonies en Amérique, Louis XV et ses ministres réagissent en envoyant des soldats des régiments de l’Artois, de Guyenne, de Béarn, du Languedoc et de la Reine.

Le 3 mai 1755,  deux navires , l’Opiniâtre et le Léopard, quittent Brest avec à leur bord des soldats du deuxième bataillon (556 hommes) du régiment de Béarn . Ils sont sous les ordres du baron de Dieskau.

Deux mois plus tard, les troupes arrivent à Québec et sont rapidement envoyés en garnison au Fort Frontenac situé à l’emplacement actuel de la ville de Kingston en Ontario.

Fort Frontenac

Vie quotidienne des soldats

Pour suivre les aller et venues des membres du régiment, on peut trouver  des renseignements détaillés à l’adresse suivante : http://regimentdubearn.org/fr/histoire.htm.

«En ville, la vie est beaucoup plus facile pour les soldats. Lorsqu’ils ne font pas l’exercice militaire ou ne montent pas la garde, ils passent leur temps libre à prendre quelques verres avec les camarades, à jouer aux carres et à faire rouler les dés. Les cabarets sont ouverts tous les jours, sauf le dimanche durant l’heure de la messe. Ils sont nombreux, plus de 80 dans la seule ville de Québec, et une vingtaine à Louisbourg.

Durant l’hiver, les soldats combattent rarement. Dans la vallée du fleuve Saint-Laurent, comme il n’y a pas de baraques pour accueillir tous les soldats, ceux-ci sont logés chez les habitants des différentes paroisses de la Nouvelle-France. La famille qui héberge un soldat reçoit de l’intendant une somme de huit livres par mois par soldat. Dans plusieurs cas, les soldats sont hommes de métiers qui apportent une aide précieuse dans les travaux de la ferme. Pour les soldats, ces temps de repos sont très profitables. Ils sont bien nourris, payés pour certains travaux, et ils ont une liberté presque complète. De plus, les soldats ont tout l’hiver pour conter fleurette à la fille de la famille hôte. Qui ne saurait résister à l’attrait d’un beau militaire qui a de l’argent, un bel habit et qui se met de la graisse d’ours dans les cheveux pour bien les placer. En tout, plus de 422 soldats français vont se marier en Nouvelle-France au cours de la période1755-1760.»[3]

Contribution du régiment de Béarn

Les soldats du régiment de Béarn participeront notamment aux sièges de Fort Niagara,  à la bataille d’Oswego en 1756 (victoire française), Fort Bull en 1756 (victoire française), de Fort William Henri en 1757 (victoire française), Carillon en 1758 (victoire française), Québec en 1759 (défaite française), Sainte-Foy en 1760 (victoire française) et Montréal en 1760 (défaite).

Occupation française du Fort d'Oswego

Victoire de Montcalm à Carillon

Vue de la prise de Québec par les Anglais

Québec après la bataille

La bataille de Sainte-Foy

Capitulation de Montréal

La participation aux batailles

Notre ancêtre  a été hospitalisé à Montréal le 21 mars 1756[4].  Nous savons qu’au cours de l’hiver 1755-1756, des troupes du régiment de Béarn se trouvaient  en garnison autour du Fort Oswego et du Fort Bull. Henri Ardouin a pu être blessé au cours d’un quelconque exercice militaire.

Nous savons, par ailleurs  que la compagnie de Montredon à laquelle appartenait le soldat Ardouin  a combattu en Nouvelle-France en 1760[5]. Notre ancêtre a donc fort probablement  participé à la bataille de  Sainte-Foy sous les ordres du chevalier de Lévis. Aussi, était-il  sans doute à Montréal au moment de la capitulation du 8 septembre 1760.

C’est d’ailleurs  à Montréal qu’il s’installe et qu’il se marie  alors que la plupart des soldats vont retourner en France avec leur régiment.

Deux mariages

Le 2 février 1760 à Longue Pointe,  il épouse Marie Thérèse Simon dit Léonard (ancêtre côté Vaillancourt) . Elle meurt douze ans plus tard. Le couple aura eu 5 enfants dont trois filles qui vont mourir  en bas âge. Selon nos sources[6], seulement deux enfants Marie-Amable, notre ancêtre, et son frère Jean-Baptiste vont se marier et fonder une famille.

Mariage de Henry Ardouin dit Belhumeur et de Thérèse Simon dit Léonard

Le 22 novembre 1773, Henri se remarie à Saint-Laurent avec Reine Sureau (ancêtre côté Lapierre) avec qui il aura au moins 9 enfants[7].

Mariage de Henri Ardouin et de Reine Sureau

Henri Ardouin est inhumé le 24 mai 1811 dans l’église de Saint-Martin de l’île Jésus. Il est âgé de 82 ans environ.

Décès de Henry Ardouin dit Lajeunesse

Chansons de marche fredonnées par les soldats de Montcalm[8]

À la claire fontaine

Auprès de ma blonde

Coin du Ciel Courrier, Courrier qu’y a-t-il de nouveau?

En passant par la Lorraine, Vieille chanson populaire mise e» musique vers 1500 par Orlando de Lassus

Gironfla, gare à gare (aussi connue comme Le petit Roi de Sardaigne)

Isabeau s’y promène

Je suis t’un pauvre conscrit

La Guillannéc

La lettre de Pelote de Betton

Les Chevaliers du Guet

Malbrough s’en va-t-en guerre

Petit rocher de la haute montagne

Marie Vaillancourt


[1] Projet Montcalm sous la direction de Marcel fournier, Combattre pour la France en Amérique – Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France 1755-1760, Société de généalogie canadienne-française. P. 202.

[2] Idem. p. 26.

[3] Id. p. 26-27

[4] Id, p. 202.

[5] Id. p. 59

[6] PRDH

[7] PRDH

[8] Projet Montcalm sous la direction de Marcel fournier, Combattre pour la France en Amérique – Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France 1755-1760, Société de généalogie canadienne-française.p. 27.




11 commentaires de “Henri Ardouin a défendu la Nouvelle-France contre les Anglais”

  1. desbouis nathalie

    mourir à 82 ans en 1811 devait être un fait peu courant !!
    j’aime beaucoup ce que tu fais, bravo, belles recherches, continue !!!!
    si tu t’ennuies je peux te donner le nom de Poulou à chercher, ;-)
    bisous

  2. Denise

    Toujours aussi intéressant Marie! Je passe de bons moments en lisant tes articles.
    En tout cas cet Ardouin, sa taille ne le complexait pas trop… La bravoure ne se mesure pas en pieds.
    Je connais près de la moitié des chansons qu’ils chantaient à cette époque, assez incroyable, n’est-ce pas?
    Denise

  3. Amélie

    Bonjour Marie,

    Encore très intéressant. Avec de magnifiques images. Le drapeau du régiment de Béarn ressemble drôlement au Catalan. Qu’en est-t-il finalement de la chanson À la claire fontaine? D’où vient-elle?

    Amélie

  4. Denis Cloutier

    http://www.youtube.com/watch?v=mWOy7WIy6N8&feature=related.

    Je voulais vous remercier pour vos merveilleuse recherches alors voila. merci

  5. Lucie

    Bonjour Marie

    Je trouve ça très très intéressant et les images sont aussi magnifiques.
    Tout ce que tu envoies m’inspire beaucoup. Un grand merci.

    Lucie.

  6. Janick

    Bonjour Marie, très intéressant cet article, entre autres le passage sur la vie quotidienne des soldats que j’ai bien aimé.

    Aussi, les soldats qui se mariaient en Nouvelle France restaient-ils tous sur le territoire ou certains emmenaient-ils leur nouvelle femme en France après la guerre?

    Encore une fois un ancêtre qui a eu une vie bien remplie: 13 ans dans l’armée, participation à de nombreuses batailles, 2 femmes, 14 enfants, alouette. On dirait que 82 ans, ça durait plus longtemps dans ce temps-là!

  7. Claude

    Excellent article, comme toujours. Bravo, Marie!
    Intéressant de découvrir que l’on connaît encore aujourd’hui quelques unes des chansons des soldats! Espérons que tout cela se transmettra encore aux prochaines générations, que la chaîne ne sera pas rompue…
    Très belles illustrations, comme toujours. Intéressant aussi de découvrir les fortifications de Montréal! On aurait cru qu’elles n’avaient jamais existé…

  8. aline

    Merci Marie pour ces informations. L’histoire de nos ancêtres nous révèle un peu de nous-même. On dit que l’espérance de vie avant notre ère moderne était très peu élevée. Henri Ardoin avait certainement une santé de fer. Espérons qu’on aura hérité d’un peu de cette force.

    Continue ce travail extraordinaire et indispensable.

  9. Serge Lebrun

    Bonjour madame, félicitations pour vos informations.

    En haut de votre texte vous spécifiez; telle qu’elle apparait dans les documents Controle des troupes dressé en France entre 1749 et 1755 et ce en parlant de la description ou signalement très détaillé d’un soldat.

    J’ai essayé de parcourir les méandres des archives à Vincennes
    à la rubrique controle des troupes, et je n’y ai rencontré qu’une longue, très longue description de la méthode de classement et de recherche.

    Par contre, selon la description que vous faites des Vaillancourt, Ardouin etc…vous semblé avoir découvert le coffre aux trésors dans ces documents. Puis-je humblement vous demander votre méthode.

    Car, mon ancêtre du régiment de Béarn, n’apparait dans aucuns documents à Corbie, Somme (Picardie)France.

    Et cela fait des mois que je fais des recherches soit à l’embarquement des troupes à Brest, ou au chateau de Vincennes.

    Il doit bien exister un endroit ou tout a été noter.

    Vous remerciant à l’avance pour votre collaboration

    Serge Lebrun, Sainte-Adèle, Qc

  10. Marie

    Bonjour Monsieur Lebrun,
    Cette citation est tirée du livre Combattre pour la France en Amérique – Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France 1755-1760 qui a été réalisé par le Projet Montcalm sous la direction de Marcel fournier, et publié par la Société de généalogie canadienne-française. Ce livre est, entre autres, disponible à la Société de généalogie canadienne française. C,est une mine de renseignement. Je vous encourage fortement à en prendre connaissance.
    http://www.sgcf.com/
    Marie

  11. Sylvie Jeansonne

    Bonjour tous

    Je l’aime lire sûre intéressante beaucoup ma vie l’histoire l’écoute bien !

    Ex-je travaille vue document service de greffe d’archives c’est vrai toutes pareilles ..

    J’ai incroyable l’image très beau les photos le souhaite fort l’hommage la vie

    Sylvie Jeansonne Saint-Hubert QC


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