Arrachés à la Nouvelle-Angleterre(3)

Les frères Haynes (Hins) Joseph et Jonathan

Les frère Haynes   (patronyme devenu Hins, Hinse, Hense, Ainse, Inse, Ince, etc)  ont été capturés le 15 août 1696. Selon nos sources [1], le père de famille,  Jonathan travaillait dans les champs avec ses enfants Mary, Thomas, Jonathan fils et Joseph quand ils furent attaqués par les Abénaquis,  séquestrés et emmenés à Penacook.

On raconte ensuite que la famille fut séparée. Le père et son  fils Thomas furent dirigés vers le Maine, mais réussirent à s’enfuir  et à atteindre le Fort Saco à travers les  bois. Les trois autres enfants Mary (18 ans), Johathan (12 ans)  et Joseph  (sept ans) furent  emmenés jusqu’en Nouvelle-France.

Dès l’hiver suivant, Mary était rachetée pour 100 livres de tabac. Mais les deux frères restent en Nouvelle-France même si on réclame leur retour en 1701 dans une missive adressée au Gouverneur et signée par plusieurs requérants dont Sarah Haynes leur mère.

Les deux frères auraient vécu chez les Abénaquis pendant plus de dix ans [2] probablement  dans deux villages différents où ils ont  tous deux  été baptisés du même prénom de Joseph par des prêtres-missionnaires.

On retrouve Joseph et Jonathan en Nouvelle-France vers 1706. L’un et l’autre  auraient été libérés à peu près à la même période.  Joseph est d’abord journalier sur la côte de Beaupré tandis que son frère Jonathan (rebaptisé Joseph) habite Cap Saint-Ignace, presqu’en face,  de l’autre côté du Saint-Laurent. Ils exerceront des métiers similaires.  Joseph deviendra menuisier tandis que  son frère sera charpentier.

De chaque côté de la rive, ils vivront leur vie en parallèle, sans que rien ne  nous laisse penser  qu’ils se soient jamais  rencontrés. Joseph se marie en  février 1710, alors  que Jonathan, deux ans plus tard, le 3 octobre 1712,  épouse à Saint-Thomas de Montmagny Marie Pauzé  qui lui donnera 11 enfants.

Jonathan décède à l’âge de 51 ans le 28 décembre 1745.

Les mariages de Joseph Haynes

Acte de mariage où il est dit anglais de nation

Joseph Haynes se mariera à quatre reprises et aura au total 22 enfants. Il épouse d’abord Marguerite Marois qui  meurt sept ans plus tard après lui avoir donné cinq enfants.

Il s’établit ensuite à Québec rue des Pauvres et épouse Dorothée Lessard le 30 mai 1718. Elle s’éteint moins de six ans plus tard ayant donné naissance à cinq autres enfants. Le troisième mariage est célébré le 1er janvier 1726 avec Marie-Françoise Pinel. Il ne durera que trois ans mais deux  enfants vont naître de cette union. Joseph Haynes est à nouveau  veuf  quand, âgé de  43 ans il épouse Catherine Migneron le 16 janvier 1732. Sa dernière épouse mettra au monde 11 enfants.

Cet ancêtre  meurt à 67 ans. Il est inhumé  à Québec le 4 mai 1756.

Acte de décès où il est qualifié de menuisier

Les parents de Joseph et Jonathan Haynes en Nouvelle-Angleterre

Le père de la famille Haynes,  Jonathan est  arrivé en Nouvelle-Angleterre vers 1663. Il s’établit à Newbury dans le Massachussetts. Le premier jour de l’année 1674, il épouse Mary Moulton qui décède au mois de juillet suivant. Quelques mois plus tard, il épouse la sœur de Mary, Sarah,  avec qui il aura 11 enfants.  La famille déménage à Haverhill avant 1687.

Ayant échappé aux Abénaquis au moment de l’enlèvement de 1696 et  s’étant réfugié au fort Saco, Joathan père retrouve vite les siens à Haverhill. Cependant, deux ans plus tard, il sera à nouveau attaqué par les Indiens et cette fois-là sera fatale : il sera tué ainsi que son compagnon et voisin Samuel Ladd. Son fils Thomas  qui l’accompagnait encore  cette fois-là est de nouveau fait prisonnier et ramené  à Penacook. Lui aura  chance d’être épargné et il sera racheté par les Anglais.

Quant à la mère de la famille Haynes,  Sarah Moulton, elle   aurait vécu au moins  jusqu’en 1712. Fille de William Moulton et de Margaret Page, elle était la petit- fille de Robert Page, un citoyen influent de Hampton au New Hamphire, membre du conseil municipal, un homme  qui obtint le premier  privilège de construire moulin à scie de Hampton.

Marie Vaillancourt


[1] Monty, Ernest. L., LES DEUX FRÈRES HINS, Mémoires de la SGCF vol XVIII juillet-août – septembre 1967. p 149.

[2] Fournier, Marcel, De la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-France. L’histoire des captifs anglo-américains au Canada entre 1675 et 1760. Société de généalogie canadienne-française, Montréal, 1992, p141-142.




5 commentaires de “Arrachés à la Nouvelle-Angleterre(3)”

  1. Pierre-Paul Hins

    Je suis de la 12e génération de Jonathan de Montmagny
    je suis de la branche de Rimouski PQ (Hins)
    j’ai 19,000 nom des Hins… de l’Amérique du Nord
    sur fichiers

    votre présentation est très bien, je vous en félicite

    je fais partie de l association des Hinse..de l’A.du Nord

    Pierre-Paul Hins fils de Antonio/Antoine et Gilberte Bélanger

  2. Guy Lessard

    Félicitations pour votre site
    est il possible de publier dans notre revue L’ESSART l’histoire des frères Hins. Joseph aillant marié Dorothée Lessard, ceci aurait un certain intérêt pour nos lecteurs.

    Merci

    Guy Lessard
    généalogiste Association des Familles Lessard inc.

  3. Pierre Lagacé

    Je redécouvre votre site.
    Époustoufflant!

  4. Johanne Brière

    Je suis une descendante de Jonathan Haynes, le jeune enfant de 12 ans enlevé à ses parents. Je suis de la 9e génération. Je vous remercie d’avoir créé ce site.

    Johanne

  5. Joseph Roger Pierre Haince

    Je suis de la 9e generation de Jonathan Haynes et Sarah Moulton du Massachusettes Nouvelle Angleterre, mon père est Raoul Andrê Haince, 2e garcon du 2e marraige de J.E.Raoul Haince marié a Jeanne Rioux. J.E. Raoul est le fils de Ferdinand Haince qui maria a Claira Dussault, son père un autre Ferdinand de la 5e generation, maria Marie Boisvert le 10 Janvier 1853.


Laisser une réponse