Marie Cunégonde Masta (1667-1723)

La vie mouvementée d’une femme ordinaire

Portrait de femme en costume du XVIIe siècle, école hollandaise, Bowes Museum

Dans ma lignée féminine, Cunégonde Masta, est la première ancêtre à naitre de ce côté-ci de l’Atlantique. Elle est l’aînée d’Antoinette Catherine Éloy et de Mathurin Masta, née à Montréal le 11 février 1667.

Elle se marie à l’âge de 19 ans. Son fiancé, Jean Baptiste Demers (Demets, Dumais), fils d’André Demers et de Marie Chefdeville, est âgé de 24 ans. Il est taillandier et forgeron de métier, sachant transformer le métal en différents objets de grande utilité pour la colonie.

Encyclopédie Diderot d’Alembert

Le mariage a lieu à Pointe-aux-Trembles le 25 février 1686.

Jean-Baptiste est très proche de son frère André de deux ans son aîné. Quelques jours avant son mariage, il se rend chez le notaire Claude Maugue pour signer avec lui une entente d’association d’une durée de quatre ans. La confiance mutuelle est grande.  Ils conviennent de partager également autant  les produits de leurs travaux que les dépenses à encourir. En outre, le contrat précise que, si les frères se marient, leurs femmes et enfants seront nourris par la communauté des deux familles. D’une part, Jean-Baptiste s’engage à enseigner à son frère aîné le métier de forgeron-taillandier et d’autre part, en retour, André  permet à son frère d’habiter dans la maison qu’il a acquise de Jean Descarries, rue Saint-Jean. Enfin leur père les aide à s’établir en leur fournissant charbon, soufflet de forge et toutes autres choses pour se loger.

Jean-Baptiste et Cunégonde passent ensuite devant le notaire Maugue  pour signer leur contrat de mariage. La cérémonie est célébrée dès le lendemain par le curé sulpicien François Séguenot dans la modeste église en bois de la paroisse l’Enfant-Jésus de Pointe-aux-Trembles.

Conflit familial

Mais les relations avec la famille Demers vont se détériorer rapidement quand André, le frère et associé de Jean-Baptiste, annonce son mariage avec Anne Jetté.

Les parents Demers ne veulent pas entendre parler des Jetté. Un conflit amer sépare les deux familles depuis que la mère d’Anne, Catherine Charles (veuve d’Urbain Jetté), a offensé les Demers en les traitant de tous les noms, «les chargeant des plus atroces injures qu’on puisse dire contre l’honneur et la réputation d’une famille (…) traitant l’un et l’autre de vieux diable, vieux loup, sorcier, magicien et autres paroles injurieuses.».

Malgré tout, en dépit du désaccord de ses parents, André persiste dans son désir d’épouser Anne Jetté. À bout d’arguments, les Demers (Marie Chefdeville et André Demers père) se rendent en furie chez le notaire Hilaire Bourgine demandant de faire  interdire à tous les notaires du baillage de rédiger des conventions matrimoniales entre leur fils et Anne Jetté. Ils considèrent qu’André  fait preuve d’ingratitude envers ses parents en persistant à vouloir épouser la dite Jetté. Ils affirment que le contrat de donation d’outils de forge  récemment signé pour établir André et Jean-Baptiste dans ce métier avait été conclu avec la promesse de leur fils de ne pas épouser une Jetté.

De son côté, André  invoque le fait qu’il est majeur et que ses parents ne peuvent pas l’empêcher de se marier avec Anne amie depuis longtemps et «honnête fille».

Le 2 septembre 1686, le mariage est célébré à l’ancienne église Notre-Dame de Montréal et le curé Guyotte, qui signe le registre,  précise qu’a été accordée «une dispense de trois bans pour les raisons que donne le mandement de Monsieur le grand vicaire.». L’opposition des parents n’a pas été considérée comme justifiée et on a préféré sans doute ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Mariage d’André Demers et d’Anne Jetté

Les parents d’André Demers ont brillé par leur absence ce jour là. Par contre, la mère d’Anne Jetté, Catherine Charles, signe dans le registre paroissial. Sont présents également deux autres frères Demers: Nicolas et Michel lesquels avaient déjà  uni leur destinée avec des sœurs d’Anne Jetté : Marie Barbe mariée en 1679 et Élisabeth Marie mariée 1685.

Les liens entre les enfants des deux familles avaient été tissés de longue date et ils continueront de se développer car trois autres rejetons Demers uniront leur destinée avec des enfants de la famille Jetté. Cependant, les futures épousailles auront alors lieu dans un climat moins chargé car  la veuve Jetté, Catherine Charles, celle qui « n’avait donné que du déplaisir et du chagrin» aux parents Demers», est décédée en  1691.

Pour en revenir au mariage d’André avec Anne, l’événement aura été vécu par les parents Demers comme une insulte suprême à leur autorité, à leur honneur et à leur fierté.

Jean-Baptiste, l’époux de Cunégonde, étant associé avec André, il subira les conséquences de ce conflit. À contrecœur, il  dut convenir avec ses parents  d’une entente devant le notaire Claude Maugue afin de renoncer à cette donation : «Tous trois conviennent qu’ils se quittent respectivement les uns et  les autres, père et fils. Le dit père déclare qu’il se démet et quitte ledit Jean-Baptiste, son fils, de tout ce qu’il peut lui avoir fourni et avancé pour son établissement de forgeron.».

Baptêmes et enterrements

Ville-marie dans l’isle de Montréal 1685

Au début de l’année 1687 à Montréal les habitants sont particulièrement inquiets. La petite colonie est aux prises avec le typhus, une épidémie qui tuera près de 150 personnes. C’est dans ce climat que  Cunégonde donne naissance à son premier enfant, une fillette, Marguerite dont le parrain, Pierre Roussel 44 ans, est l’ami de Jean-Baptiste, probablement celui qui lui a transmis les bases du métier de taillandier. Seulement, cet homme va mourir quelques mois plus tard, vraisemblablement victime de l’épidémie.

Au cours de cette même année 1687, Cunégonde perdra aussi deux de ses sœurs, Jeanne 9 ans et Barbe 4 ans, emportées le même jour par la contagion.

L’année suivante, le 1er mai 1688, c’est le père de Cunégonde, Mathurin, qui va trépasser à Pointe-aux-Tremble à l’âge de 44 ans. Il laisse dans le deuil outre sa femme Antoinette Catherine Eloy, sa fille aînée Cunégonde, deux fils Pierre (16 ans) et Toussaint (14 ans) et sa cadette Marguerite (9 ans).

Au printemps 1689, Cunégonde met au monde une seconde fille, Marie-Anne. Cette enfant, qui prend la suite de ma lignée maternelle, a pour pour marraine, Marie Anne Lamarque, future épouse d’Alphonse Tonty baron de Paludy, capitaine dans les troupes de la marine, commandant des forts Michillimakinac, Frontenac et Pontchartrain (Détroit

Attaques iroquoises

Arrive l’été 1689. À l’autre bout de l’île, le 5 août au matin, les habitants de Lachine sont réveillés par une attaque iroquoise. Plusieurs colons sont tués et d’autres capturés et torturés. C’est le début d’une décennie traumatisante pour les habitants de Montréal.

D’autres incursions iroquoises seront perpétrées cette fois à l’est de l’île. Le 2 juillet 1690, à Pointe-aux-Trembles, la bataille de la coulée Grou laissera une cicatrice indélébile dans la famille Masta. Le frère de Cunégonde, Pierre, le plus jeune des habitants qui défendaient le bourg, va perdre la vie à l’âge de 17 ans. Neuf autres personnes seront tuées et quelques hommes seront faits prisonniers. C’est un dur coup pour le village naissant de Pointe-aux-Trembles. La maison des Masta, ce bâtiment de 18 x 16 pieds construit par Mathurin, sera incendiée. Les meubles, vêtements, papiers, tout partira en fumée.

Un autre deuil éprouvant

Puis, arrive l’automne et, comme si cela ne suffisait pas, l’état de santé de Jean-Baptiste, le mari de Cunégonde est préoccupant. Le 20 octobre, il rentre à l’hôtel-Dieu, aux bons soins des sœurs hospitalières. Hélas, elles ne réussiront pas à le sauver. Jean-Baptiste Demers avait 29 ans seulement  et voilà que Cunégonde, enceinte de sept mois, devient veuve le 25 octobre 1690.

L’enfant, un garçon, naîtra le 15 décembre suivant et il portera le prénom de son père : Jean-Baptiste. Le parrain, Jean Arnaud est un marchand bordelais important, et la marraine Marguerite Forestier, fille du chirurgien Antoine Forestier et future épouse de Jean Bissot de Vinsennes, homme de confiance de Vaudreuil considéré comme celui qui, dans la colonie, connaissait le mieux les questions relatives aux Indiens Miamis.1

D’après ce qu’on peut voir, Cunégonde et sa famille avaient établi de bonnes relations avec des personnages importants.

Notre ancêtre habitait alors, tout probablement,  la maison construite par son mari  située à l’angle de la rue Notre-Dame et de la rue Saint-François avec  trois chambres et une cheminée double de maçonnerie. La forge de Jean-Baptiste Demers était évaluée à 400 livres.2

Emplacement de la maison de marie Cunégonde Masta

Maintenant veuve avec trois enfants, elle va se réfugier à Pointe-aux-Trembles où vit toujours  sa mère malgré l’incendie de sa demeure.  Le bâtiment de la rue Saint-François deviendra pour Cunégonde, sa principale source de revenus. Nous savons, par les archives que le 6 décembre 1693, par exemple elle loue cette maison à Jean Drapeau, un artisan qui exerçait le métier de taillandier comme son mari. Drapeau a épousé Madeleine Pillette qui vient de mettre au monde leur premier enfant. Le bail prendra fin à la Saint-Michel soit le 29 septembre suivant.

Les revenus ne sont tout de même pas suffisants, car dix jours plus tard  elle doit vendre un emplacement situé rue Saint-Paul, non loin de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours, entre la rue Saint-Charles et la rue Bonsecours, côté nord. Son défunt mari avait acquis cette parcelle de sa famille, les Demers. Elle signera la transaction  à titre de tutrice de ses enfants, avec le consentement du subrogé tuteur, André Demers et au bon plaisir du séminaire de Saint Sulpice. Les acheteurs sont Pierre Handegrave dit Champagne, un soldat du régiment de Carignan et Marie Guertin son épouse. Coût de la transaction : 60 livres.

Elle vit à Pointe-aux-Trembles car le curé François Séguenot et les marguilliers de la paroisse lui «font grâce pour vingt ans de la rente d’une place» dans le bourg, une place qui appartient à la fabrique, ceci, en reconnaissance pour services rendus et à rendre à l’église. Quels sont ces services ? Possiblement, l’entretien de la chapelle, des vêtements sacerdotaux, etc.

Nous sommes en juin 1694. Notre ancêtre veuve depuis maintenant quatre  ans, ne s’est toujours pas remariée. Elle attendra encore deux ans avant de trouver l’homme qui lui inspirera confiance. Pendant ce temps, les revenus de location couvrent à peine les dépenses de la petite famille, elle doit donc  emprunter à Jean Arnaud, le marchand bourgeois de Ville-Marie, parrain de son fils et ami de la famille (26 février 1695).

Elle est revenue à Montréal dans sa maison de la rue Saint-François, où elle loue le 29 mars 1696 une chambre au rez-de-chaussée à Jean Bizet, un homme qui revient tout juste d’une expédition de trois mois de guerre contre les Onontagués (gens de la montagne),  l’une des cinq nations de la ligue iroquoise. Bizet était arrivé ici comme employé  des Sulpiciens et lui aussi était taillandier. Les récentes attaques iroquoises l’avaient  poussé à s’engager auprès de Claude Greysolon de la Tourette  pour aller avec lui «aux sauvages des régions éloignée.»3

À cette époque, Marie Cunégonde fait la connaissance de Joseph Dambournay,  un officier originaire de Lyon où son père, Louis Dambournay, est lieutenant de sa Majesté et conseiller du roi

Elle a 29 ans et lui 36. Joseph Dambournay avait fait partie des troupes du capitaine Michel le Neuf de La Vallière, ex- lieutenant en Acadie, capitaine des gardes de Frontenac. Il a également été coureur des bois s’étant rendu, comme bien d’autres, à Michilimackinac.

C’était l’époque où Antoine Lamothe-Cadillac était commandant du fort.

Nous sommes maintenant en juin 1695. Dambournay projette d’y  retourner pour rembourser ses dettes avant de se marier. Il compte récupérer les trois paquets de castors qu’il a laissés là-bas et les préparatifs du voyage exigent d’autres dépenses. C’est ainsi qu’il doit emprunter auprès du marchand de fourrure Jean Boudor qui lui fournit l’équipement nécessaire et lui prête 155 livres et 5 sols, un montant qui s’ajoute à ces autres dettes (395 livres envers le sieur Hazeur, ainsi que 45 livres à la dame Laporte et enfin 20 livres à l’épouse de Léger Hébert, un de ses compagnons de voyage).

À son retour cependant, Dambournay semblera aussi mal pris qu’avant son départ et il sera à nouveau sollicité par ses créanciers. A-t-il, comme d’autres, été floué par le commandant du fort Michillimakinac?

Selon l’historien Zoltvany «Cadillac fut peut-être un piètre commandant, mais il se révéla fort adroit dans la traite des fourrures. À son arrivée à Michillimakinac, vers la fin de 1694, sa fortune se montait en tout et pour tout à sa solde de capitaine, soit 1 080# par an. Trois ans plus tard il envoie en France des lettres de change dont le montant s’élève à 27 596# 4s., et cela ne représente qu’une partie de ses profits nets. Il réalisait de tels bénéfices de deux façons : en vendant aux Indiens toute l’eau-de-vie qu’ils voulaient, ce qui irritait et chagrinait les pères Étienne de Carheil et Joseph-Jacques Marest, et en exploitant les coureurs de bois, dont la plupart n’osaient pas se plaindre, sachant que Cadillac était le protégé de Frontenac. »5

Antoine Lamothe Cadillac

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Quoi qu’il en soit, un contrat de mariage entre Marie Cunégonde Masta et Joseph Dambournay  est signé le 22 septembre 1696 devant le notaire Benigne Basset. Mentionnons cependant qu’on ne retrouve pas la trace  de ce mariage dans les registres des paroisses de Montréal et des environs. Ce mariage a-t-il été célébré dans une église quelque part?  Mentionnons que six mois après la signature de ce contrat de mariage, soit le 15 mars 1697 une petite fille Marie Josephe  va naître de cette union. L’enfant aurait pu être conçu juste avant un départ pour Michillimakinac.

La famille agrandie va s’installer dans la maison que loue alors Dambournay rue Saint-Paul côté sud, face au fleuve. C’était avant la construction des fortifications, lesquelles furent achevées en 1744. Les trois autres enfants que Cunégonde a eu de son premier mariage sont maintenant âgés de 11 ans (Marguerite), 7 ans (Marie Anne) et 6 ans (Jean-Baptiste).

Mais cette union, qu’elle ait été officielle ou pas, sera de bien courte durée.

Le nom de Joseph Dambournay  n’apparaît plus dans les archives après le 19 septembre 1697 alors qu’il signe comme témoin au mariage de son ami Jean Ferret. Nous ne connaissons ni les circonstances, ni la date exacte de son décès, ni non plus le lieu de sa sépulture. Il pourrait être reparti une autre fois pour un de ces voyages dans les pays d’en-haut en canot et portage à travers les rivières et les grands lacs sauvages.

Cette disparition est un autre coup dur pour Cunégonde. La voici avec un enfant de plus à nourrir.  Pour avoir quelque revenus, il lui faut continuer à louer sa maison de la rue Saint-François, les locataires étant la plupart du temps des taillandiers. Sans doute les outils et l’établi de son défunt premier mari, Jean-Baptiste, peuvent-ils être utilisés par ces gens de métier. Cette fois-ci, le 11 novembre 1697, c’est Joseph Parent, tout juste arrivé de Québec qui signe le bail. Il existe un autre moyen courant de s’en tirer financièrement, tout en permettant à un fils d’acquérir un métier. Son beau-frère André Demers  accepte d’engager Jean-Baptiste junior, le seul fils de Cunégonde, pour lui enseigner le travail du fer. Juste retour des choses. Un  contrat est passé à cet effet devant le notaire Adhémar dit Saint-Martin le 27 janvier 1698. Jean-Baptiste n’est âgé que de 7 ans. Il sera désormais logé et nourri chez son oncle

Mariage de ses filles Demers

En 1706 , le mariage des deux premières  filles de Cunégonde, Marguerite et Marie-Anne, signifie concrètement aussi pour leur mère deux bouches de moins à nourrir.

Le 12 juin à Montréal, Marguerite, 19 ans, épouse André Bombardier dit Passe-Partout. Il est originaire de Lille,  arrivé ici comme soldat de la compagnie d’Aloigny. En 1700, le lieutenant major d’Aloigny était nommé commandant du Fort de Frontenac (Cataracoui) sur le lac Ontario. En 1701, un détachement militaire est installé au Fort du Pontchartrain de Détroit. Bombardier y est présent.6

Aussitôt mariés, le couple va s’installer dans cette région de Détroit. Ils en auraient fait partie des fondateurs selon Benjamin Sulte. Deux garçons (Jean et Bernard Philippe) sont nés à cet endroit, dans un climat très certainement  tendu au milieu de plusieurs nations autochtones souvent en guerre les unes contre les autres.Si bien qu’en 1711, la petite famille va revenir sur l’île de Montréal pour s’installer à Pointe-aux-Trembles, un lieu que Marguerite connaît bien. En ces lieux naîtront huit autres enfants, dont un des fils Jacques, l’ancêtre de Joseph Armand Bombardier, l’inventeur de la motoneige.

Le 15 novembre suivant à Pointe-aux-Trembles, Marie-Anne unit sa vie à Robert Chartier. La famille de Robert habite Pointe-aux-Trembles depuis 1674. Son père Guillaume faisait partie de la grande recrue de 1653. Robert est le huitième d’une famille de 11.

Marie-Anne et son mari s’installeront à demeure à Pointe-aux-Trembles à proximité de la famille de son mari et de celle de sa sœur Marguerite quand celle-ci reviendra de Détroit.

Location de la maison de la rue Saint-François

Au cours des années suivantes, on remarque la signature de Cunégonde au bas de plusieurs baux toujours pour sa  maison de la rue Saint-François coin Notre-Dame.

5 mai 1706 : Jean Latour, un chirurgien militaire originaire du Languedoc, fils de Gabriel Latour de Foucault seigneur de Mouzin, Arrivé depuis 1702, il était soldat du détachement de la marine. En 1706, il est  de retour des pays d’en-haut. Il avait déjà  loué avec son épouse Marguerite Prud’homme une autre maison sur la rue Saint-François en 1704. Cunégonde Masta le connaissait donc bien puisqu’ils étaient voisins.7

3 mars 1709:  Jean-François Harel farinier. L’emplacement lui permettait d’avoir pignon sur rue dans un endroit stratégique pour vendre sa marchandise. Il est le fils du premier Harel arrivé au pays, Jean Harel et de Marie Pecher,  Il a épousé Marie Madeleine Brunet en 1703. Au moment de leur installation dans la maison, le couple a deux enfants : Suzanne (4 ans) et Joseph Pascal (1 an)

28 juillet 1710: Jean Zacharie dit Lagenois,  qui épouserale 20 février 1713, Marie Catherine Jolivet. Ilsera plus tard, en 1722,   propriétaire d’une parcelle sur un terrain voisin donnant sur Notre-Dame.

16 février 1711 : Jean-Baptiste Yvon de Lafontaine  et son épouse Françoise Feuilleton.

Comme on peut le constater, la situation financière de Marie Cunégonde Masta, celle qu’on appelle encore la «veuve Demers» demeure problématique. À la mi-quarantaine, elle cherche toujours à joindre les deux bouts. Sa dernière fille, Marie Josephe Dambournay,  n’est pas encore mariée.la veuve doit se battre entre réclamations de loyer et remboursements de dettes.

Elle devra e affronter des situations tout aussi difficiles qui affecteront gravement sa santé.

Signature de Marie Masta


  1. Zoltvany, Yves F., Dictionnaire biographique du Canada
  2. Landry, Yves (dir), Pour le Christ et pour le roi : la vie au temps des premiers Montréalais, Libre expression : Art global, c1992.
  3. Langlois, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, Sillery, Maison des Ancêtres
  4. Idem
  5. Zoltvany, Yves F. Dictionnaire biographique du Canada
  6. (6) Bombardier, Alphonse-Raymond, André Bombardier, premier ancêtre canadien et sa descendance, Mémoires de la Société généalogique canadienne-Française, n53, vol XXXIII, juillet-août-sept. 1982
  7. Rheault, Marcel J. La médecine en Nouvelle-France, les chirurgiens de Montréal 1642-1760, Les éditions Septentrion. 2004.




Un commentaire de “Marie Cunégonde Masta (1667-1723)”

  1. Joshua Masta

    WOW fascinating! great research! Je m’excuse mais mon francais quebecois n’est pas bon. Thanks to google, j’ai mieux compris l’histoire. J’ai vécu un peu à Montréal. très beau! 😀

    My family is from the New Hampshire/Boston area now. Through the lands of Northern Michigan & Ojibwe (Marsta/Mastaw/Masta) the name has traveled many years from Jacques. Amazing. Still there are relatives there in Michigan of course. They handed us a floppy disk (yes! circa 90’s) at a family reunion with a very extensive family tree going back to ‘Jacques Marsetteau.’

    Have you found records in France of his parents yet? I always wonder if the last name Marsetteau is maybe spelt differently ou avec le c cédille? Probably not, but where does the name come from? Maybe the answer lies dans une bibliotheque à La Roche sur Yon ou la Rochelle? C’est un mystère! haha Maybe you know more? Merci pour l’histoire!


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